Santé

Des nanorobots s’attaquent aux cancers

Une tumeur cancéreuse liée au syndrome de Lynch. Source : Nephron, Wikimedia Commons
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La médecine pourrait connaître un nouveau coup de pouce fulgurant. Parmi les prochaines avancées les plus spectaculaires, nous devrions voir apparaître un nouveau moyen de lutte contre le cancer. En effet, des chercheurs chinois et nord-américains ont conçu un nanorobot capable d’asphyxier les tumeurs. De premiers tests chez des souris se sont avérés prometteurs.

Un mode d’action novateur

Les nanorobots qui promettent de s’attaquer aux cancers ont tout d’abord la vertu d’être autonomes. Leur mode d’action contre les tumeurs cancéreuses est – relativement – simple. Ils visent la destruction de l’oxygénation des cellules tumorales. De la sorte, celles-ci meurent et les tumeurs se résorbent… jusqu’à disparaître, dans le meilleur des cas. L’arrêt de l’alimentation en oxygène se fait grâce à la libération de thrombine (une enzyme) dans l’ADN des cellules composant la tumeur. Cela est indirectement dû aux premiers travaux de Sylvain Martel et de son équipe du laboratoire de nanorobotique médicale de l’École polytechnique de Montréal au Canada :

Ce procédé d’un nouveau genre adopte la forme d’un écran de 60 nm de largeur sur 90 de longueur. Il est lui-même équipé par un capteur de pointe programmé pour détecter les cellules cancéreuses. En effet, il ne faudrait pas que ces nanorobots détruisent les cellules saines !

L’histoire d’une découverte

Les équipes de chercheurs qui ont collaboré à cette découverte sont le Biodesign Institute’s Center for Molecular Design and Biomimetics de l’université d’État d’Arizona (le directeur de cet institut est le professeur Hao Yan), l’académie chinoise des sciences et le National Center for Nanoscience and Technology.

Après la mise au point d’une première version de nanorobot, des tests ont été effectués sur des souris – précisons que nous n’entendons pas débattre du bienfondé ou non de l’expérimentation médicale sur des animaux. Il s’agissait alors de combattre des tumeurs issues de cancers du sein, des poumons, de la peau et des ovaires.

Les cobayes sont restés en observation après l’injection de cellules cancéreuses. Or, au bout de deux jours maximum, une thrombose se formait autour de la tumeur, ses tissus n’étant plus irrigués comme il faut. Les nanorobots utilisés ont quant à eux pu être dissous.

L’utilisation de nanoparticules pour soigner le cancer n’est pas nouvelle, mais les précédentes méthodes étudiées étaient généralement beaucoup moins ciblées et plus dangereuses pour les cellules saines :

Sur les 8 souris ayant servi aux tests, 3 ont vu leur tumeur totalement disparaître. Chez les autres, les tumeurs ont pu être contenues, le risque de métastase limité et la durée de leur survie augmentée.

Cette nouvelle technique anticancéreuse est donc particulièrement prometteuse. Elle devrait de plus connaître divers perfectionnements. On parle déjà d’essais sur des êtres humains atteints de cancers… ! Le domaine de la médecine profite vraiment à fond des nouvelles technologies, comme nous l’avaient montré en leur temps les médicaments 3D.

Philippe
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