Vietnam et Corée du Sud veulent une IA industrielle, avec un centre coréen d’ici 2027
À Hanoï, les deux pays ont détaillé leurs pistes communes en IA, de la recherche à la formation, avec un centre d’innovation coréen prévu d’ici 2027.
En bref
- Un forum bilatéral sur l’IA s’est tenu le 29 octobre à Hanoï.
- Le Vietnam propose trois axes : recherche, infrastructures et formation.
- La Corée du Sud veut des centres de données dédiés à l’IA et des réseaux de nouvelle génération.
- Un centre d’innovation coréen en IA est prévu au Vietnam d’ici 2027.
Le Vietnam et la Corée du Sud veulent faire évoluer leur coopération industrielle traditionnelle vers un partenariat axé sur l’intelligence artificielle : modèles, puissance de calcul, formation des travailleurs et usines plus productives. D’après Vietnam.vn, ces orientations ont été présentées pendant le Forum Vietnam-Corée consacré à l’IA et aux technologies numériques en 2026.
Un forum à Hanoï, deux ambitions nationales
La rencontre s’est déroulée à Hanoï le 29 octobre, dans le cadre de l’événement numérique international organisé cette année par le Vietnam. Des agences gouvernementales, des organisations, des universités et des milieux d’affaires des deux pays y participaient. Le thème retenu, « vers une ère d’innovation en IA pour tous », prolongeait l’objectif de resserrer les liens entre ces acteurs.
Du côté vietnamien, le vice-ministre des Sciences et des Technologies, Tran Trung Tinh, a décrit l’IA comme une technologie stratégique, qui porte le modèle de croissance du pays, sa productivité et sa compétitivité nationale. Une réglementation sur l’IA s’applique à Hanoï depuis mars. Le pays vise le trio de tête de l’Asie du Sud-Est en recherche et développement et a annoncé une Stratégie nationale pour l’IA à l’horizon 2030.
La Corée du Sud place la barre plus haut. Selon l’ambassadrice Lee Miyon, son gouvernement ambitionne de figurer parmi les trois premières puissances mondiales de l’IA, en s’appuyant sur une plateforme indépendante, un centre national de données consacré à l’IA ainsi qu’un centre mondial de l’IA. C’est un objectif affiché, pas un résultat acquis.
Les trois pistes proposées par le Vietnam
- Recherche, développement et application : modèles fondamentaux, grands modèles de langage et solutions pour la production, les entreprises et les services.
- Infrastructures : données, capacité de calcul, infrastructure de test et semi-conducteurs, pour élargir l’accès des entreprises et des organismes de recherche.
- Ressources humaines : échanges d’experts, recherches conjointes, formations en ingénierie et montée en compétence des travailleurs dans l’usage de l’IA.
« Les projets devraient répondre à des besoins concrets, viser des produits commercialisables et contribuer au développement des capacités technologiques des deux parties. »
Tran Trung Tinh, vice-ministre des Sciences et des Technologies
Le vice-ministre souhaite que les entreprises des deux pays déterminent elles-mêmes leurs attentes, concluent des partenariats et financent des projets ciblés. Son ministère se déclare disposé à travailler avec les partenaires coréens.
L’angle coréen : usines, centres de données et réseaux
Lee Miyon a recommandé d’aller au-delà d’une coopération tournée vers la production industrielle classique. Elle suggère de construire en commun des centres de données spécialisés dans l’IA, ainsi que des réseaux de télécommunications de dernière génération.
Les deux économies sont déjà liées par les chaînes d’approvisionnement de secteurs comme les semi-conducteurs et les écrans. Selon l’ambassadrice, des technologies d’IA adaptées aux besoins de production sont nécessaires pour accroître la productivité des usines et la compétitivité des produits. Elle plaide aussi pour que universités, instituts de recherche et entreprises conçoivent des programmes de formation de haute qualité, tournés vers les besoins des entreprises, afin que les jeunes des deux pays deviennent des talents moteurs de l’innovation numérique.
Les effets sur l’emploi ou la productivité restent, à ce stade, des attentes exprimées par les intervenants et non des résultats mesurés.
Ce qui se concrétise, et quand
Kim Deuk-jung, vice-président exécutif de l’organisme coréen NIPA, a souligné que la coopération numérique s’était d’abord construite autour des logiciels et des TIC, c’est-à-dire l’information et la communication. Selon lui, elle devra s’étendre aux semi-conducteurs, aux infrastructures de données, à l’IA et à la transformation numérique. À ses yeux, elle doit aller plus loin que les échanges de technologies et de produits, en intégrant la formation commune de talents et un développement technologique partagé.
- : la NIPA a signé un accord de principe avec le service du ministère vietnamien des Sciences et des Technologies chargé des technologies de l’information.
- : tenue du forum à Hanoï.
- : la NIPA prévoit d’établir au Vietnam un Centre d’innovation coréen en intelligence artificielle.
Photo : Raysonho @ Open Grid Scheduler / Grid Engine / Wikimedia Commons



