Avant une IRM, la musique préférée apaise mieux la douleur qu’une piste relaxante

À Zurich, Mozart, une piste de relaxation et les morceaux favoris de patients ont été comparés avant une IRM : un seul choix a vraiment compté.

Aïssatou Ndiaye Par Aïssatou Ndiaye
3 min de lecture
Avant une IRM, la musique préférée apaise mieux la douleur qu’une piste relaxante
Un appareil d’IRM dans une salle d’examen, avec un casque audio posé sur le bord de la table.

En bref

  • Une équipe de l’université de Zurich a testé trois types de musique pendant la pose d’une canule avant une IRM.
  • La musique préférée des patients a montré l’effet antidouleur le plus marqué.
  • La sonate KV 448 de Mozart n’a aidé qu’un sous-groupe, la musique de relaxation aucun.

Pour atténuer la douleur d’un geste médical banal, mieux vaut laisser le patient écouter ses morceaux favoris que lui imposer une piste réputée apaisante. Des chercheurs suisses de l’université de Zurich ont mis à l’épreuve trois types de musique, dont une sonate de Mozart, et leurs résultats vont dans ce sens.

Une question pratique pour les soignants

La neuroradiologue Meritxell Garcia Alzamora voulait démontrer scientifiquement que la musique soulage la douleur. Son but était de donner au personnel médical une technique simple à appliquer pour rassurer les patients dans une situation inconfortable. Les résultats ont paru dans la revue Frontiers, et Sciences et Avenir les a rapportés.

Le choix de Mozart n’est pas anodin : selon les scientifiques, plusieurs études avaient déjà montré les effets thérapeutiques de sa sonate KV 448. Il s’agissait donc de savoir si cette pièce, une musique composée pour la relaxation et les morceaux choisis par les patients eux-mêmes produisaient des effets différents.

Le protocole : une canule avant l’IRM

200+patients ont participé
1 à 10échelle d’évaluation de la douleur
4groupes d’écoute

Chaque participant devait subir une IRM sans caractère d’urgence, pour explorer le cerveau, la colonne vertébrale ou bien la tête et le cou. Cet examen exige la pose d’une canule intraveineuse, un geste que les auteurs décrivent comme potentiellement douloureux. D’après la chercheuse, presque tous les patients sollicités ont accepté immédiatement de participer, sans hésiter.

Les patients ont évalué leur douleur sur une échelle de 1 à 10, avant, pendant, puis à deux reprises après l’intervention. Ces notes successives permettent de suivre l’évolution du ressenti tout au long de l’examen.

Une patiente assise sur la table d’un appareil d’IRM échange avec un soignant en tenue verte qui tient un carnet.
Dans une salle d’IRM, une patiente assise sur la table d’examen discute avec un soignant avant l’examen. Photo : MART PRODUCTION / Pexels

Quatre groupes, des résultats très inégaux

Les participants ont été répartis entre quatre situations : pas de musique, leur musique préférée, un morceau composé pour la relaxation ou la sonate KV 448 de Mozart.

Groupe Résultat observé
Sans musique Groupe de comparaison
Musique préférée Effet analgésique le plus marqué, avec ou sans douleur préexistante avant la ponction
Sonate KV 448 de Mozart Douleur soulagée chez un sous-groupe de patients ayant déjà mal
Musique de relaxation Aucun effet sur la douleur

« Nos résultats indiquent que l’effet de la musique dépend du type de musique diffusée, la musique préférée présentant l’effet analgésique le plus marqué »

Meritxell Garcia Alzamora, neuroradiologue, université de Zurich

Pourquoi la relaxation échoue

Pour la chercheuse, une musique préférée, appréciée et familière, peut aussi jouer un rôle de distraction. L’effet antidouleur s’expliquerait très probablement par un ensemble de facteurs psychologiques et physiologiques, une explication présentée comme probable et non prouvée.

La piste de relaxation se caractérise par un tempo lent, un volume plutôt faible et une apparente monotonie, sans variation perceptible de la dynamique. Meritxell Garcia Alzamora avance que les patients l’ont peut-être ignorée au lieu d’être distraits par elle : c’est une hypothèse de sa part.

Elle évoque enfin d’autres bénéficiaires possibles. Selon elle, les patients touchés par l’anxiété, une dépression légère ou la claustrophobie pourraient eux aussi profiter de l’écoute de musique, une piste que l’étude n’a pas testée.

Photo : MART PRODUCTION / Pexels

Aïssatou Ndiaye

Observer les idées en mouvement

Aïssatou Ndiaye

Aïssatou Ndiaye a été assistante de recherche dans un laboratoire de biologie végétale. Elle suit pour Innovant les sciences, l'environnement et la santé, en citant les études qu'elle résume. Elle chante dans un groupe de gospel à Lyon.