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« L’ordinateur quantique Jiuzhang 4.0 défie les supercalculateurs » : une prouesse avec 3090 photons ouvre une nouvelle ère technologique

« L’ordinateur quantique Jiuzhang 4.0 défie les supercalculateurs » : une prouesse avec 3090 photons ouvre une nouvelle ère technologique
Illustration de Jiuzhang 4.0, l'ordinateur quantique exploitant des photons pour atteindre la suprématie quantique.
EN BREF
  • 💡 Jiuzhang 4.0 a démontré une avancée majeure en calcul quantique avec l’utilisation de 3090 photons.
  • 🔍 La gestion du bruit reste un défi, bien que des progrès significatifs aient été réalisés.
  • 🖥️ Le Gaussian boson sampling permet de résoudre des problèmes que les superordinateurs ne peuvent pas reproduire.
  • 🚀 L’avenir des applications pratiques des ordinateurs quantiques reste incertain mais prometteur.

La course à la suprématie quantique a franchi une nouvelle étape avec le dernier exploit du calculateur Jiuzhang 4.0. Cet ordinateur quantique a réussi à accomplir une tâche que les superordinateurs classiques ne peuvent reproduire, même en des milliards de milliards de temps l’âge de l’univers. Ce jalon soulève des questions sur l’évolution future des ordinateurs quantiques et leur potentiel pratique. Le cœur de cette avancée réside dans l’utilisation de particules de lumière, ou photons, pour effectuer des calculs complexes. Cette technique, bien qu’impressionnante, soulève des défis concernant la précision et la gestion du bruit dans ces systèmes. L’efficacité de Jiuzhang 4.0 pousse les experts à se demander si cela pourrait enfin rapprocher la science quantique de son application pratique.

La réalisation de Jiuzhang 4.0 : un bond en avant

Jiuzhang 4.0 s’est distingué par sa capacité à effectuer des calculs complexes à l’aide de photons. Ce système utilise un processus connu sous le nom de Gaussian boson sampling (GBS), où la mesure d’un échantillon de photons permet de résoudre des problèmes mathématiques complexes. Avec l’utilisation de 3090 photons, Jiuzhang a surpassé les précédents records, qui se limitaient à moins de 300 photons. Cette amélioration exponentielle démontre une augmentation significative de la puissance de calcul. Les chercheurs, dirigés par Chao-Yang Lu, ont estimé qu’un superordinateur traditionnel mettrait 1042 ans à simuler ce que Jiuzhang a réalisé en seulement 25,6 microsecondes.

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Cette avancée a été saluée par des experts tels que Jonathan Lavoie de la start-up Xanadu, qui a noté la prouesse technique indéniable. De son côté, Chris Langer de Quantinuum a souligné l'importance de prouver l'incapacité des systèmes classiques à simuler de telles performances. Cependant, le défi reste de maintenir cette suprématie, car les ordinateurs classiques continuent de progresser dans leur capacité à reproduire ces résultats.

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Les défis persistants dans le calcul quantique

Malgré les avancées, Jiuzhang 4.0 n'est pas exempt de défis techniques. La perte de photons au cours des calculs reste un problème majeur, créant du bruit et affectant la précision des résultats. Bill Fefferman, de l'Université de Chicago, a mis en évidence ces difficultés, expliquant que le bruit complique l'amélioration du dispositif quantique. Bien que l'équipe de Chao-Yang Lu ait réduit ces pertes de photons, la possibilité que des stratégies de simulation classique remettent en question la suprématie quantique demeure.

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Jelmer Renema, de l'Université de Twente, considère que le chemin vers une confiance totale en la suprématie quantique est encore long. La compétition entre les algorithmes classiques et les dispositifs quantiques continue d'affiner notre compréhension de la frontière entre ces deux mondes. Cette rivalité stimule le progrès scientifique, mais cela ne garantit pas que les ordinateurs quantiques deviendront plus puissants de manière utile à court terme.

Applications potentielles et limites actuelles

Bien que Jiuzhang 4.0 démontre une supériorité dans certaines tâches spécifiques, sa capacité à être utile dans des applications pratiques reste à prouver. GBS, en tant que référence de base, montre une différence entre les ordinateurs quantiques et classiques, mais ne traduit pas directement une utilité généralisée. Selon Nicolás Quesada de Polytechnique Montréal, il est difficile de déterminer quand GBS constitue une preuve irréfutable de l'avantage quantique.

Les limitations matérielles de Jiuzhang, qui ne permettent pas de programmer n'importe quel calcul, illustrent une lacune importante. Lavoie souligne que la tolérance aux fautes, c'est-à-dire la capacité d'identifier et de corriger ses propres erreurs, n'est pas encore atteinte. Cependant, des applications prometteuses existent dans des domaines comme la reconnaissance d'images, la chimie et certains problèmes mathématiques liés à l'apprentissage machine. Fabio Sciarrino, de l'Université Sapienza de Rome, voit un potentiel dans l'amélioration du matériel pour construire des ordinateurs quantiques basés sur la lumière d'exception.

Vers un avenir quantique?

Les innovations autour de Jiuzhang 4.0 représentent un potentiel de changement de paradigme dans le calcul quantique. En dépit des défis liés à la gestion du bruit et à la tolérance aux fautes, les succès de Jiuzhang montrent la voie vers des systèmes capables de réaliser des tâches autrefois inimaginables. Alors que les chercheurs continuent d'explorer les applications possibles de ces ordinateurs, une question persiste : comment cette technologie révolutionnaire peut-elle être intégrée dans des applications pratiques qui transforment notre quotidien? Le chemin vers une informatique quantique pleinement fonctionnelle reste semé d'embûches, mais les avancées comme celles de Jiuzhang 4.0 donnent un aperçu prometteur de ce qui pourrait être possible dans un avenir proche.

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Lynda FOURNIER

À propos de la signature

Lynda FOURNIER

Lynda Fournier suit pour Innovant les innovations industrielles, énergétiques et environnementales. Rédactrice patiente, elle préfère les dossiers documentés aux réactions à chaud. Elle observe surtout la façon dont les technologies s'installent, ou non, dans les usages.