Energie

Du sel + de l’eau douce = électricité : le Japon met en service la première centrale osmotique asiatique

Du sel + de l’eau douce = électricité : le Japon met en service la première centrale osmotique asiatique
Illustration de la première centrale osmotique d'Asie située à Fukuoka, au Japon.
EN BREF
  • 🌊 Le Japon a lancé la première centrale osmotique d’Asie, utilisant le mélange d’eau douce et d’eau salée pour produire de l’électricité.
  • ⚡ Cette technologie promet une source d’énergie renouvelable, stable et continue, fonctionnant 24 heures sur 24.
  • 🔍 Les défis de l’efficacité et de la friction des membranes restent à surmonter pour un développement à grande échelle.
  • 🌍 Si optimisée, l’énergie osmotique pourrait répondre à 15 % des besoins énergétiques mondiaux d’ici 2050.

Dans la ville côtière de Fukuoka, au sud du Japon, une nouvelle source d’énergie a vu le jour. Le Japon a inauguré la première centrale osmotique d’Asie, capable de générer de l’électricité par le simple mélange d’eau douce et d’eau salée. Selon Kenji Hirokawa, directeur du Centre de dessalement de l’eau de mer, cette initiative est une réponse significative au changement climatique. La centrale japonaise, plus grande que celle ouverte au Danemark en 2023, représente une avancée pour cette source d’énergie renouvelable encore peu utilisée mais prometteuse.

Comprendre l’énergie osmotique

L’osmose est un processus par lequel l’eau se déplace d’une zone de faible concentration en sel vers une zone de forte concentration. Cela se produit à travers une membrane spéciale, comme dans le cas des plantes qui absorbent l’eau du sol. Les centrales osmotiques exploitent ce mouvement passif de l’eau.

Dans une centrale osmotique, l’eau douce ou les eaux usées traitées sont placées d’un côté d’une membrane. De l’autre côté, se trouve de l’eau de mer, rendue encore plus salée par le concentré de saumure issu d’un processus de dessalement. Cette différence de salinité pousse l’eau douce à travers la membrane, augmentant ainsi la pression du côté de l’eau salée. Cette pression est ensuite utilisée pour actionner une turbine, générant de l’électricité.

« La centrale japonaise utilise de l’eau de mer concentrée, ce qui augmente l’énergie disponible », explique le professeur Sandra Kentish, ingénieur chimiste à l’Université de Melbourne.

https://www.innovant.fr/2025/07/03/des-briques-plus-solides-grace-au-marc-de-cafe-une-invention-australienne-transforme-un-dechet-en-materiau-de-construction/

Ce processus est entièrement renouvelable et ne produit pas de dioxyde de carbone. Hirokawa souligne que l’énergie osmotique est une source d’électricité stable, capable de fonctionner 24 heures sur 24, chaque jour de l’année.

Les défis de l’énergie osmotique

Malgré sa simplicité apparente, l’énergie osmotique a été difficile à développer à grande échelle. Selon le professeur Kentish, « beaucoup d’énergie est perdue lors du pompage des deux flux d’eau dans la centrale et à cause des pertes de friction à travers les membranes ». L’efficacité reste le principal obstacle. Les pompes consomment de l’énergie pour déplacer l’eau, et les membranes peuvent ralentir le processus en raison de la friction.

Ces défis n’ont pas empêché la recherche de continuer. Des projets pilotes ont vu le jour en Norvège, en Corée du Sud, en Espagne et au Qatar. En Australie, un projet de prototype à l’Université de Technologie de Sydney a été interrompu pendant la pandémie de COVID, mais les experts espèrent le relancer.

Ce moteur de Toyota sans essence va bouleverser l’automobile et mettre les pétroliers en colère

Akihiko Tanioka, professeur émérite à l’Institut des sciences de Tokyo, a exprimé son émotion lors du lancement de la centrale : « J’espère que cela se répandra non seulement au Japon, mais dans le monde entier. »

Un avenir prometteur pour l’énergie osmotique

Actuellement, l’énergie osmotique ne représente qu’une infime partie de la production mondiale d’électricité. Toutefois, si les défis techniques sont surmontés, les chercheurs estiment qu’elle pourrait satisfaire jusqu’à 15 % de la demande énergétique mondiale d’ici 2050. Cette source d’énergie pourrait devenir l’une des plus importantes ressources renouvelables inexploitées de la planète.

Le principal avantage de l’énergie osmotique réside dans sa constance. Contrairement au vent ou à l’énergie solaire, l’eau douce coule toujours vers la mer. Partout où l’eau douce rencontre l’eau salée, il y a un potentiel énergétique. La centrale de Fukuoka, bien que modeste, est une première en Asie et constitue un pas en avant vers un approvisionnement énergétique fiable et propre.

7 000 abonnés en 24 heures : cette méthode YouTube fait exploser les compteurs sans dépenser un centime

Perspectives et implications mondiales

Alors que la demande pour des sources d’énergie propres et fiables augmente, le simple mélange d’eau douce et d’eau salée pourrait prendre une place plus importante. Cette technologie pourrait être adaptée dans de nombreuses régions du monde, notamment dans les estuaires, les deltas et le long des côtes. Le développement de l’énergie osmotique pourrait donc avoir des implications significatives pour l’avenir énergétique mondial.

Les experts restent optimistes quant à la capacité de cette technologie à se développer et à contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Avec ces avancées, l’énergie osmotique pourrait-elle devenir une solution phare pour répondre aux besoins énergétiques croissants de notre planète ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Emile FAUCHER

À propos de la signature

Emile FAUCHER

Emile Faucher est rédacteur pour Innovant, où il suit les technologies émergentes et la recherche appliquée. Il s'attache à distinguer ce que les laboratoires annoncent, ce qui fonctionne déjà et ce qui reste à prouver. Ses articles privilégient le temps long plutôt que l'effet d'annonce.