Énergie

La Corée du Sud révolutionne l’énergie : une centrale capture 96 % du CO₂, un exploit titanesque pour un monde plus vert

Marine Descamps Par Marine Descamps
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La Corée du Sud révolutionne l’énergie : une centrale capture 96 % du CO₂, un exploit titanesque pour un monde plus vert
Vue de la centrale de combustion à boucle chimique du Korea Institute of Energy Research, pionnière dans la capture de 96 % des émissions de CO₂.
EN BREF
  • Le Korea Institute of Energy Research innove avec la première centrale mondiale qui utilise la combustion à boucle chimique pour produire de la vapeur.
  • Cette technologie révolutionnaire permet de séparer 96 % du CO₂ et réduit les émissions de NOₓ, améliorant ainsi l’impact environnemental des centrales électriques.
  • L’efficacité de ce procédé ouvre la voie à une commercialisation, avec des bénéfices économiques significatifs et une réduction des coûts de capture du CO₂ de 30 %.
  • La Corée du Sud se positionne en leader de l’innovation énergétique, inspirant d’autres nations à adopter des solutions durables.

Le progrès technologique ne cesse de repousser les limites de ce qui est possible, et le domaine de la production d’énergie ne fait pas exception. Récemment, le Korea Institute of Energy Research (KIER) a réalisé un exploit remarquable en mettant au point le plus grand système de production d’énergie à gaz au monde, capable de séparer intrinsèquement le dioxyde de carbone (CO₂). Ce développement marque une première mondiale dans l’utilisation de la combustion à boucle chimique (CLC) pour la production de vapeur destinée à l’électricité. Cette avancée promet non seulement de transformer la manière dont l’énergie est produite, mais aussi de réduire considérablement les émissions nocives.

Comment fonctionne la combustion à boucle chimique

La combustion à boucle chimique, ou CLC, se distingue des méthodes traditionnelles par son approche innovante qui élimine le besoin de mélanger le carburant à l’air. Au lieu de cela, elle utilise des particules porteuses d’oxygène pour fournir de l’oxygène pur au carburant. Ces particules libèrent de l’oxygène pendant la combustion et le réabsorbent lorsqu’elles sont exposées à l’air, permettant au processus de se répéter de manière continue.

Ce procédé garantit que le carburant n’interagit qu’avec l’oxygène, éliminant ainsi l’azote de la réaction. En conséquence, la combustion ne produit que du CO₂ et de la vapeur d’eau. La vapeur d’eau se condense facilement, laissant un CO₂ pur prêt pour une capture directe, ce qui élimine le besoin d’installations supplémentaires de séparation.

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En outre, ce procédé réduit de manière significative les émissions d’oxydes d’azote (NOₓ), une source majeure de pollution par particules ultrafines, grâce à sa nature de combustion sans flamme. En 2023, KIER, en collaboration avec l’Institut de recherche KEPCO, a établi une usine pilote à l’échelle de 3 MW, la plus grande au monde, et a mené des tests de démonstration étendus.

Vers la commercialisation

Au-delà de la validation de la faisabilité de la technologie, l’équipe de recherche a franchi une étape significative vers la commercialisation. Pour la première fois, la technologie CLC a été utilisée avec succès pour générer de la vapeur destinée à la production d’électricité. Bien que des pays comme l’Union Européenne, la Chine et les États-Unis aient expérimenté la CLC, aucun n’a encore réussi à générer de la vapeur.

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Les tests à plus petite échelle montrent généralement une efficacité élevée, mais une perte de chaleur importante empêche la production de vapeur. À l’inverse, les tests à plus grande échelle ont du mal à maintenir l’efficacité. L’équipe de KIER a surmonté ces défis en affinant le design du procédé, en minimisant les pertes de chaleur et en améliorant les techniques de production de particules porteuses d’oxygène à grande échelle.

Cette réalisation fait passer la technologie CLC d’une innovation prometteuse à une solution commercialement viable. Une analyse économique suggère que, par rapport à une centrale à gaz naturel conventionnelle de 100 MW, les centrales à base de CLC pourraient générer un bénéfice d’exploitation annuel de 14,4 milliards KRW tout en améliorant l’efficacité de la production d’énergie de 4%.

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Avantages économiques et environnementaux

Les bénéfices de la technologie CLC ne se limitent pas à l’augmentation de l’efficacité énergétique. Elle offre également des avantages économiques substantiels. En réduisant les coûts de capture du CO₂ de 30% par rapport aux méthodes existantes, elle permet de capter potentiellement plus de 150 000 tonnes de CO₂ chaque année. Cela représente non seulement une avancée significative pour l’économie, mais aussi une contribution majeure à la lutte contre le changement climatique.

Dr. Ryu Ho-jung, chercheur principal au Département de recherche sur le captage et le stockage du carbone, souligne l’importance de cet accomplissement. Il déclare que pour atteindre la neutralité carbone nationale, il est essentiel d’établir et d’exploiter des centrales électriques à gaz intégrant des technologies innovantes telles que la CLC. Cette approche ouvre la voie à des solutions de prochaine génération pour la production d’énergie et positionne la Corée du Sud comme un leader dans la transition énergétique mondiale.

Un tournant vers l’énergie durable

Un tournant vers l'énergie durable (vidéo indisponible)

Avec ces avancées, la technologie CLC de KIER se présente comme un facteur de changement dans la course vers une production d’énergie durable et efficace. En intégrant des méthodes respectueuses de l’environnement et économiquement viables, elle pourrait bien redéfinir le paysage énergétique mondial. La capacité à produire de la vapeur, un exploit que d’autres grandes nations n’ont pas encore réussi, place la Corée du Sud à l’avant-garde de l’innovation énergétique.

Cette technologie pourrait inspirer d’autres pays à adopter des approches similaires, stimulant ainsi une adoption plus large des technologies énergétiques propres. Alors que le monde continue de chercher des moyens de réduire son empreinte carbone, la question se pose : comment d’autres innovations dans le secteur de l’énergie transformeront-elles notre avenir commun ?

Marine Descamps

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Marine Descamps

Marine Descamps a été chargée d'études dans un cabinet de conseil en mobilité à Lille. Pour Innovant, elle suit les innovations du transport, de l'automobile, de l'habitat, des loisirs et de l'économie. Elle se déplace en vélo-cargo avec ses deux enfants.